Pénurie de poissons à Jamestown

Jamestown est, avec Usshertown, le plus ancien quartier d’Accra. Les Britanniques y ont bâti James Fort en 1673 : la Royal African Company en fit un comptoir d’or et d’esclaves. Aujourd’hui, le quartier vit de la pêche artisanale, et c’est là qu’a été inauguré, le 13 septembre 2024, un nouveau port de pêche financé par un don chinois de 60 millions de dollars : marché de 200 places, usine à glace de 60 tonnes, chambre froide de 200 tonnes. Pourtant, le 25 avril 2026, sur le quai, les prises du jour tenaient dans quelques bacs et sacs. Ce reportage regarde ce décalage entre l’équipement neuf et une ressource qui s’amenuise.

Jamestown, le phare et le port neuf

Le phare actuel date de 1932, bâti sur le site de celui de 1871. Haute d’environ 28 m, la tour à bandes rouges et blanches est exploitée par la Ghana Ports and Harbours Authority. À ses pieds, un monument porte le nom du Jamestown Fishing Harbour et le logo de l’aide chinoise. Le port a été inauguré le 13 septembre 2024.

Pirogues et bassin du port

Au Ghana, la flottille artisanale est passée d’environ 8 000 pirogues en 1990 à 13 650 en 2017, selon une analyse publiée dans The Conversation en 2024. Le recensement de 2013 en comptait 12 728, dont 73 % équipées d’un moteur hors-bord. Dans le bassin de Jamestown, les coques peintes se serrent le long du quai : plus de bateaux, pour une ressource qui recule.

Filets et pêcheurs

Les filets s’entassent, se réparent, se rechargent à bord. Pourtant, les débarquements de petits poissons pélagiques ont reculé de 59 % entre 1993 et 2019 au Ghana ; ceux de Sardinella aurita sont passés de 119 000 tonnes en 1992 à 11 834 tonnes en 2019. Les causes évoquées : réchauffement des eaux, chalutiers industriels, multiplication des pirogues, de leurs filets plus grands et de leurs moteurs.

La prise du jour

Sur le quai mouillé, la prise du jour tient dans quelques bacs, un sac, des bassines de petits poissons argentés. Le Ghana importe plus de 600 000 tonnes de poisson par an, selon une étude du programme SFMP relayée en 2018, et la pêche y emploie environ 10 % des Ghanéens

La halle au poisson

Le nouveau marché compte 200 places ; une usine à glace de 60 tonnes et une chambre froide de 200 tonnes l’accompagnent. Sur les images, les tables en granit sont numérotées et la halle est presque vide : quelques assiettes de poissons rouges sont posées sur une table.

Ceux qui attendent

Dans la halle neuve, les tables en granit sont numérotées et presque vides. Sur le quai, des mareyeuses attendent ; d’autres vendent leurs poissons dans des bassines

Débarquement, foule et lumière

Quand une pirogue accoste, la foule se presse sur le quai. En fin de reportage, le contre-jour efface les détails : des pirogues en silhouette sur l’eau scintillante, des oiseaux, un soleil voilé.

Tarek Charara

 

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Sources :

https://gna.org.gh/2024/09/president-akufo-addo-commissions-jamestown-fishing-harbour/

https://theconversation.com/west-africas-falling-fish-stocks-illegal-chinese-trawlers-climate-change-and-artisanal-fishing-fleets-to-blame-226819

https://www.myjoyonline.com/small-pelagic-fish-near-total-depletion-report/

https://en.wikipedia.org/wiki/Jamestown/Usshertown,_Accra

https://en.wikipedia.org/wiki/Fort_James,_Ghana

https://www.crc.uri.edu/download/Ghana-Marine-Canoe-Frame-Survey-2013.pdf

Texte et images © 2026 Tarek Charara/Kaleidos images.
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